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Le domaine de Madame du Barry à Louveciennes

Jeanne Bécu, née le 19 août 1743, incarne l’ascension fulgurante d’une roturière portée par la beauté jusqu’au sommet. Façonnée par le « demi-monde parisien » et les intrigues de la haute noblesse, elle accède à la faveur royale après un mariage de convenance avec le comte du Barry qui souhaite lui faire rencontrer la Cour en 1768 ainsi que Louis XV.
À Versailles, elle brille par son esprit et son goût des arts, tout en suscitant haines et jalousies, notamment celle de Marie-Antoinette. Malgré son refus affiché de la politique, elle se trouve prise dans les rivalités ministérielles du règne finissant.
Louis XV, après avoir intronisé Madame du Barry comme favorite officielle, lui offre en 1769 un château à Louveciennes qui va être aménagé pour elle pendant 2 ans. Elle a alors 26 ans et Louis XV 58 ans. Chassée de la cour à la mort du roi en 1774, elle se retire à Louveciennes, où elle mène une existence fastueuse et amoureuse, ouverte aux grands d’Europe.
Accueillant d’abord avec espoir la Révolution, elle reste pourtant liée à l’ancien monde.
Un vol spectaculaire de ses biens (bijoux, vaisselle, …), puis ses voyages à l’étranger, la rendent suspecte en ces temps de Terreur. Accusée de trahison, jugée sans indulgence, elle est guillotinée en 1793, figure tragique d’un monde aboli.
Madame Du Barry aura vécu 24 ans à Louveciennes, de 1769 à 1793. Nous n’irons pas plus loin dans sa vie, sujet de très nombreux ouvrages, mais nous allons évoquer son domaine. Il s’étendait du quartier de Voisins jusqu’aux quais de Seine et comprenait :

  • Le Château
  • Le Pavillon du Barry
  • Le Pavillon de Musique
  • Le Parc avec la laiterie, la volière, la Temple de l’Amour.
  • Les Ecuries
  • L’Orangerie

Nous arrivons par l’entrée principale du Pavillon du Barry sur les quais de Seine à Bougival. Le pavillon à droite de la grille est identique à celui que l’on retrouve aujourd’hui au 29 rue de la Princesse à Louveciennes. On distingue aussi sur la gauche du lion, le Temple de l’Amour.

Nous sommes ici à l’entrée du domaine côté Louveciennes, avec le Pavillon du Barry.

Le Pavillon vu de l’intérieur du Parc.

Le Château 
En 1683, Louis XIV ordonne la construction, à proximité du puisard supérieur de la machine de Marly, d’un pavillon pour servir de logement à Arnold de Ville, l’inventeur de cette machine hydraulique. Ce pavillon de Louveciennes est l’œuvre de Robert de Cotte.

Louis XV offre ce château à Madame du Barry en 1769.

Les Dépendances du château avec les Ecuries et l’Orangerie, Rue de la Machine.

Le Parc du Château :
Le Temple de l’Amour a été dessiné par Claude-Nicolas Ledoux, architecte du Pavillon de Musique.

Le kiosque et la mare aux canards où Madame du Barry aimait se promener avec Joseph II, frère de Marie-Antoinette en 1777.

La volière

La Laiterie appelée aussi la Vacherie

La cascade et le pont

Un autre pont et l’entrée de carrières

Le Pavillon de Musique

Ce pavillon a été construit à partir du 15 décembre 1770 et jusqu’à janvier 1772 à partir des plans de l’architecte Claude Nicolas Ledoux pour la Comtesse du Barry. L’inauguration a lieu le 2 septembre 1771 en présence du Roi Louis XV. Il a été construit à la demande de Madame du Barry pour organiser des fêtes qui n’étaient pas possibles dans le château, à proximité mais trop petit pour cela.
L’ensemble du domaine de Madame du Barry a été divisé en 1852, une partie devenant la propriété de Boissy d’Anglas puis aujourd’hui le « Domaine des Lions » (sur la commune de Bougival), le Château et le Pavillon de Musique.

En 1911 le nouveau propriétaire du Pavillon de Musique se nomme Louis Loucheur. Il fait construire un étage sous combles mansardés comme on peut le voir sur la carte suivante.

L’intérieur, la Salle à manger

Une vue sur la vallée de la Seine de la terrasse du Pavillon de Musique.

En 1929, le parfumeur François Coty fait l’acquisition du pavillon. Il fait d’importants travaux qui vont fragiliser l’édifice qui se trouve très proche du bord du coteau. Le pavillon est démonté pour être reconstruit une bonne dizaine de mètres en arrière à partir de 1930. Il y a 3 niveaux en sous-sol.
L’ancien toit mansardé a disparu, il y a maintenant un toit-terrasse.

Une grande restauration a été faite pendant trois ans à partir de 2002.
Le Pavillon de Musique en 2010

Photo Philippe Delarue 2010

Le Pavillon de Musique a été racheté en 2025 par l’entrepreneur français, Xavier Niel.

Retrouvez toutes ces cartes postales sur notre carte interactive.